Anaïs, Anaïs

Vendredi soir, mon mec a gagné des places pour aller voir Kent !! Sauf que Kent ne jouant pas à Paris avant longtemps, la prod’ nous les a échangées contre des billets pour un concert d’Anaïs à Vitry !!!!

Je t’entends d’ici : Anaïs ? Ca me rappelle un truc… Mais c’est qui ? Et bien Anaïs c’est la nana qui chantait cette chanson en 2006 : “Je hais les couples qui me rappellent que je suis seule… Je déteste les couples, je les hais tout court” (si tu l’as dans la tête pour la journée, ça me fait plaisir, c’est cadeau !) A l’époque, elle a même failli gagner des Victoires de la musique, pour ça !

Elle a juste failli ! Et c’était il y a longtemps ! Autant dire que la soirée sent pas bon ! La prod’ a quand même drôlement essayé de vendre le concert à coups de publications Facebook et Instagram mais personne n’a semblé réagir à ce qui nous a été présenté comme l’événement de l’année !

C’est donc, non sans faire un tantinet la gueule, voire vachement, que mon amoureux me traine voir Anaïs en concert au Sub à Vitry. Alors bon, je vais pas faire durer le suspense, le Sub et bein c’est pas l’Olympia !

Prendre le bus à l’envers

Donc, on arrive, Anaïs fume une clope devant la salle, j’imagine qu’il n’y a pas d’entrée des artistes ni de loge subversive remplie de drogue ici ! Il y a de ça une dizaine d’années, je ne pense pas qu’elle ait été obligée de fumer sous les lettres rouges de son prénom, sur le Boulevard des Capucines. Je dois donc reconnaître que cette vision un tantinet pathétique me l’a rendue soudainement sympathique.

Le Sub c’est la maison des jeunes et de la culture de Vitry. Le genre d’endroit idéal pour jouer du rock avec ton groupe du lycée Jean Jaurès quand t’as 17 piges. Mais, Anaïs elle a pas 17 piges, on peut même dire qu’elle est pas toute neuve ! Ça doit quand même lui faire drôle de prendre le bus de sa carrière à l’envers ! (Ndlr : bus à l’envers ça fait Sub – tu l’as ?)

Pour tout dire, l’endroit n’est pas si mal, une petite salle de concert, un bar, deux ou trois tables et des gens qui te servent des cacahuètes dans une assiette en carton pour accompagner ta pinte à 4 euros. Ça paie pas de mine mais ça fait le job. Et puis bon, on peut pas dire qu’il y ait foule alors c’est plus facile de faire l’état des lieux ! J’ai toutefois une interrogation, pourquoi mettre des chiottes handicapées en bas d’un escalier ?

Evidemment, fallait pas croire qu’on allait arriver tout de suite dans le dur, il y avait une mise en bouche : une première partie ! Un homme seul, guitare voix, essaie de nous ambiancer. Le mec s’appelle Monsieur Tristan, il tente à coup de vannes déjà digérées un mélange de musique et de stand up. Heureusement, faute avouée étant à moitié pardonnée, il fait preuve d’autodérision ce qui l’excuse un peu de n’être pas franchement drôle !

“Vous êtes chauds ? vous êtes surs ? Alors vous êtes chaussures”

Il était temps, le calvaire s’achève, du moins, à ce moment-là, je me plais à le croire.

Anaïs monte sur scène, elle ouvre, elle donne le ton : “Vous êtes chauds ? Vous êtes sûrs ? Alors vous êtes chaussures”. Phrase qu’elle dit avoir piqué à Catherine Ringer qui à n’en pas douter serait ravie de savoir qu’on lui reprend sa meilleure vanne !

La musique démarre. Force est de constater que le son est bon et les musiciens pas mauvais. Arrangements alternativement funky, rythme and blues, quelques interventions d’un orgue vraisemblablement très influencé par Ray Manzarek à ses débuts. Bref, si le concert avait été instrumental, on aurait surement pu passer un bon moment mais voilà, c’est pas instrumental !

Anaïs, c’est une chanteuse ! Et à textes qui plus est ! Nous avons donc droit à un titre qui s’appelle “elle sort qu’avec des blacks” du meilleur effet. J’oscille entre stupeur et consternation.

Elle s’essaie à un Slam qu’elle décrit comme engagé. Elle tente l’ironie, prend l’accent marseillais “le bien, le mal, mais qu’est-ce que c’est, si je me tire une balle c’est pour ne pas crever”, l’histoire ne le dira pas, d’ailleurs j’ai peut-être pas tout compris, mais, pourquoi prendre les intonations de la Cannebière pour dire ça ?

Le concert continue, elle est décidée à ne rien nous épargner, beat box, kazoo, les filles qui font les soldes, les écolos, l’accent rasta, même une blague sur les bassistes… tous les clichés sont de sortie ! Entre deux morceaux, elle tente des imitations : Nelson Monfort, Julien Doré, Shakira et j’en passe. Elle demande au public de l’applaudir. C’est carrément gênant, on frôle le malaise et je me prends soudain à regretter Monsieur Tristan !

D’ailleurs, le public dans une vaine tentative de fuite se colle au bar et discute dans les coins !

Allez, on est plus à ça prêt, c’est l’heure d’envoyer l’anglais ! Alors, bon, l’avantage avec l’anglais c’est que du coup on esquive les vannes de mauvais goût ! Mais, le problème à présent c’est l’accent, enfin pas seulement !!! A ce moment-là, je dirais qu’on frôle la caricature. Disons qu’on n’est pas loin d’une tentative de Rythme and Blues digne des meilleurs moments d’Ophélie Winter en plein cœur des années 90. Ca couine, c’est nasillard, c’est dur pour tout le monde.

Enfin, on y est : c’est le moment du tube ! Ouf, tout le monde la connaît ! Anaïs fait chanter le public façon Bruel au sommet de sa gloire ! C’est nul mais ça fonctionne !

Je n’attendrai pas le rappel, j’ai fini ma pinte, j’en ai assez entendu, il est temps de rentrer !

 

Gabrielle NORMAND

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