Chez Clemenceau, comme à la maison

proxy.duckduckgo.jpgAu 8 de la rue Benjamin-Franklin, dans le 16ᵉ arrondissement de Paris, le logement qu’a occupé Georges Clemenceau pendant plus de 30 ans abrite un musée à sa mémoire. Le temps s’y est comme arrêté depuis le 24 novembre 1929, jour de la mort du “Tigre”. Dans la salle à manger, au rez-de-chaussée, le visiteur peut s’asseoir sur le divan où l’homme d’état faisait ses siestes digestives. A côté la salle de bain, moderne pour l’époque, a elle aussi été gardée telle quelle. De même que la chambre, de goût chinois et spartiate, où Clemenceau commençait ses journées s’attelant à sa correspondance armé d’un bol de soupe à l’oignon, sur les coups de 4h du matin. Ne manque que Georges lui-même, et l’odeur, puisque la marmite restait mijoter dans l’âtre la nuit durant. Le bureau ensuite, aux dimensions impressionnantes, garni de bibelots et de livres, tous porteurs d’histoire. La grande mélangée de petites. Enfin le jardin, havre de paix qui éloigne du tourment de la capitale.

proxy.duckduckgo-1.jpgA l’étage les salles d’exposition à proprement parler, un parcours thématique fait de panneaux savamment conçus, aux niveaux d’informations et de lectures équilibrés et adaptés au jeune public comme aux plus curieux désireux d’en connaître davantage. La muséographie, bien pensée et se voulant interactive, s’affranchit de la rigidité chronologique, une clef de lecture rare et à souligner. Un mérite qui revient en partie à Jean-Noël Jeanneney, président de la Fondation du Musée Clemenceau, artisan du grand coup de plumeau passé dans le lieu en 2017, animateur d’une excellente émission de radio diffusée chaque semaine sur France Culture, historien, auteur d’un biographie de l’homme d’Etat et qui dépeint le moustachu comme “anticonformiste, progressiste et conservateur, pionnier de l’écologie politique, protecteur des arts, insubmersible.”

 

Georgy punchline

wa_vignette.jpgDe la visite de ces deux niveaux reste une impression d’équilibre subtil et bien dosé, entre l’immersion dans les années 20 que propose le rez-de-chaussée et la documentation passionnante de l’étage. Qui s’attendait à de la poussière ressort conquis, abreuvé de détails passionnants sur la carrière du député, ministre, président du conseil radical, surnommé – entre autres – “Père la victoire” après la Première guerre mondiale. Il y découvre le Clemenceau au service de l’état, farouche opposant de Jules Ferry, le Clemenceau vendéen de naissance en visite aux Etats-Unis, le Clemenceau journaliste, défenseur du capitaine Dreyfus.

Ce républicain, anticlérical, à rapprocher peut-être aujourd’hui d’un Mélenchon, était notamment doté d’un humour caustique, voire décapant. Pas avare de punchlines puisque lui est attribué le célèbre “Le meilleur moment dans l’amour, c’est quand on monte l’escalier” mais aussi des saillies nombreuses et incisives comme “La guerre ! C’est une chose trop grave pour la confier à des militaires” ou encore “La France est un pays extrêmement fertile : on y plante des fonctionnaires et il y pousse des impôts”. Le visiteur curieux ressortira nourri d’informations complètes sur la vie privée du fils de médecin, médecin lui-même, amateur d’art, collectionneur et grand ami de Monet, pratiquant la gymnastique tous les matins. N’hésitez plus, allez-y, c’est au 8 de la rue Benjamin-Franklin, dans le 16ᵉ arrondissement de Paris.

BP

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