Le revers de la médaille

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Quand tu as un peu forcé sur la médaille

Il est une règle d’or dans la restauration: les trois E. Pour qu’un business tourne, il doit répondre à ces trois impératifs : Emplacement, Emplacement, Emplacement. Sauf (très) rares exceptions, si vous servez de la merde hors de prix et en tirant la gueule mais que vous êtes bien placés (angle de rue par exemple), vous marcherez. Asseyez-vous en terrasse d’une des brasseries de la place de la Madeleine par exemple, et faites l’expérience. L’inverse est également valable, aussi bonne sera votre cuisine, aussi fraîche sera votre bière, aussi accueillante sera la patronne, seule votre famille, un cercle proche d’amis et une poignée d’hurluberlus viendront dans votre impasse sordide et mal éclairée. Insuffisant pour subsister.

De l’existence de cette règle l’Hôtel de Salm, qui héberge le Musée national de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie, ne peut que se réjouir. Situé en face de l’entrée du musée d’Orsay, il recueille volontiers le touriste découragé des deux heures de queue, et merde je t’avais bien dit qu’il fallait acheter les billets en ligne, et peut-être qu’on peut le faire maintenant pour la prochaine demi-heure, et non en fait, et merde (Infos parisiennes a traduit pour vous). Conséquence: il traverse la petite esplanade, parce que merde (l’américain est volontiers grossier une fois l’Atlantique traversé) on avait quand même prévu de faire un musée this afternoon, on ne va quand même pas rentrer bredouille à l’hôtel, c’est le pays de la culture quand même, et surtout personne n’y fait la queue.

 

Comme un défi

Côté culture, il va être servi de ce côté-ci de l’esplanade. Sortant de l’ombre, c’est toute la décoration française, et même internationale, qui entre en jeu. Sans trop d’arrogance non plus. Il convient de rester à sa place de plan B, comme Breloque, comme Bidasse. Le Musée national de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie ouvre grandes ses portes sans vous appliquer les tarifs de l’ancienne gare. Supposition : en conscience de l’intérêt quand même tout relatif de sa collection, les gardiens surement affolés à l’idée de vivre le mélange d’Un jour sans fin et d’Une nuit au musée, de jour, ont dû insister auprès de leur hiérarchie pour négocier la gratuité de l’entrée. Et le visiteur en a pour son argent.

Si on me l’avait proposé, je crois que j’aurais accepté le défi, pas loin d’être ultime, d’encourager le lecteur d’Infos Parisiennes (oui tu nous appartiens au moins pendant ces quelques minutes de lecture attentive) à se rendre au Musée national de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie. Aurais-je réussi, même en déployant des trésors de malice, voire de mensonges sur la collection présentée ? Pas sûr. Mais seul le musée a défié ma patience, je peux donc en dire honnêtement ce que j’en pense : ça sent le vieux grenier, la nostalgie militaro-autoritaire, le général moustachu gâteux et incontinent. C’est rance. A noter quand même, un portrait du général américain Patton, à qui visiblement il a été pardonné le « Je préfère avoir une division allemande devant moi qu’une division française derrière moi. » Bref, n’y allez pas, c’est nul. Faites plutôt la queue devant la gare, d’ailleurs la place qu’occupait devant vous l’américain vient de se libérer.

BP

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