Femmes d’Argentine (Que sea ley) : un film coup de poing

L’avortement est encore illégal dans la plupart des pays d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Asie et d’Amérique du Sud. En France, il n’ a été légalisé qu’en 1975 avec la loi Veil. Deux ans avant l’arrivée de Juan Solanas.

Fuyant la dictature militaire argentine avec sa famille, celui qui deviendra plus tard réalisateur arrive en France en 1977. Il pense que l’avortement est un droit universel. Ce n’est qu’à la fin des années 90, de retour dans son pays natal, qu’il prend conscience que l’avortement n’est pas permis ici. Pire, des femmes meurent tous les mois d’un avortement clandestin. Aujourd’hui c’est une toutes les semaines.

Dans Femmes d’Argentine, son dernier film sorti en salle le 11 mars dernier, Juan Solanas a suivi les Foulards verts, ce mouvement féministe qui se bat depuis des années pour que l’avortement soit légal, sûr et gratuit sur le territoire argentin. Caméra à la main, le réalisateur montre le combat pacifique des pro-avortement dans la rue et sur les bancs du Sénat.

Bien que lui même engagé dans ce combat, le cinéaste ne tombe pas dans la caricature lorsqu’il s’agit d’illustrer le camp des anti-IVG. Leurs discours retransmis tel quel à l’écran suffisent à les décrédibiliser. Du côté des pro-IVG, les témoignages aussi fort les uns que les autres s’enchaînent. Comme celui de Belén, condamnée à 8 ans de prison pour homicide après avoir fait une fausse couche.

Ce documentaire montre surtout comment les idées de l’église catholique sont imprégnées dans la société argentine. Au pays du pape François, le lobbying religieux tourne à plein régime. Le souverain pontif a même fait irruption dans le débat en se déclarant contre le projet de loi susceptible de légaliser l’avortement en Argentine. Le personnel médical suit aveuglément les injonctions de l’église et de l’état en refusant de pratiquer les avortements, quand il ne va pas jusqu’à dénoncer les femmes à la police argentine.

Ce documentaire, sélectionné hors compétition au dernier festival de Cannes, ne laisse pas indifférent. Il enrage quand les femmes décrivent les atrocités subies à cause des avortements illégaux. Il galvanise quand à l’écran des milliers de manifestantes, foulards verts autour du cou, chantent et dansent au rythme des tambours, et scandent comme une seule femme : que sea ley ; que ce soit loi.

Femmes d’Argentine (Que sea ley) – Documentaire de Juan Solanas sorti dans les salles le 11 mars 2020. Durée : 1h26.

A.M.

 

 

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