Une série de meurtres à Paris

Le Paris des années 50. Une forte pluie. Des hôtels miteux. Le boulevard Richard-Lenoir, la place des Vosges, le boulevard Saint-Martin, le quai des Orfèvres. Un homme chapeau vissé sur la tête et pipe en bouche. C’est l’univers de Maigret.

Sans trop savoir pourquoi, pendant le confinement, j’ai dévoré quelques uns des bouquins de la collection. Sûrement pour me balader dans les rues de Paris si bien décrites par Simenon alors qu’il m’était impossible de sortir à plus d’un kilomètre de mon domicile parisien. Sûrement aussi parce qu’on m’en avait dit du plus grand bien. A juste titre.

L’écriture de Simenon est simple. Il décrit les choses sans fioritures, n’utilise pas de figures de style pour enjoliver son récit. Cela ne servirait à rien. Chez Maigret, les pages se lisent rapidement, le récit nous emporte et nous questionne. Qui est donc le tueur ? Comment a-t-il fait pour tuer ? Quel est son mobile ? Les interrogatoires sont rythmés. Question, réponse. Question, réponse. Extrait.

– Il lui est arrivé de venir ici ?
– Jamais ! A cause de la concierge et des voisins. Tout le quartier en aurait parlé.
– Vous l’avez vu lundi ?
– Pendant une heure environ.
– Quelle heure ?
– Au début de l’après-midi. J’avais des courses à faire.
– Vous saviez où le trouver ?
– Je lui avais donné rendez-vous.
– Par téléphone ?
– Non. Je ne lui téléphonais jamais. Au cours de notre précédente entrevue.
– Où vous retrouviez-vous ?
– Presque toujours dans notre petit café. Parfois au coin de la rue Saint-Martin et des Boulevards.

(extrait de Maigret et l’homme du banc)

Les aventures de Maigret sont savoureuses aussi et surtout grâce aux personnages. Plus complexes les uns que les autres, les protagonistes sont tous les potentiels coupables à un moment donné du livre. Simenon arrive à nous emmener sur une voie – nous lecteurs qui voulons essayer de résoudre l’enquête – qui s’avère la plupart du temps être sans issue. Là est le point fort de Maigret : il résout l’enquête dans les dernières pages après avoir glané des indices ici et là sans qu’on ne se soit aperçu de rien.

Quelques livres parmi tant d’autres : Maigret et le chien jaune / Maigret et le fantôme / L’étoile du nord / Rue Pigalle / Stan le tueur

A.M.

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